Un opéra rock en treize titres, dont deux instrumentaux. Il part de la course aux écrans et de la vie de bureau, passe par les contrats qu'on signe sans lire, jusqu'au jour où les stylos tombent. Il reste une rage maigre comme un clou, et une braise qui tient debout dans la faille.
En bref
La Rage Mince est un opéra rock de Flaggstaff (Alain Thiémard) : paroles écrites à la main, voix et musique générées avec Suno. 13 titres en écoute libre, 45:02 au total, avec les paroles des chansons.
Des gens courent de plus en plus vite, poussés par les écrans et l'urgence, sans savoir vers quoi. Constat sans issue : la vitesse remplit le vide mais ne fabrique pas de vie.
La vie de bureau vue de l'intérieur : sourires réglés, fatigue polie, blagues pour couvrir l'ennui. Tout le monde sait que ça ne va pas, la bouche dit « ça va ». Finit sur le jour où le masque craque.
L'écran aspire le regard : repas où chacun fixe sa vitre, cœurs rouges qu'on compte, neige et enfant qu'on rate. Quand l'écran s'éteint, on y voit son propre visage, étranger. « Lève les yeux, le monde est dans ton dos. »
Sous la dalle de la ville, les saisons continuent. Fraises en janvier, été au frigo, mais une plante pousse dans la lézarde et le corps sait encore quand vient l'automne.
Mille contacts et personne : la voisine qu'on entend tousser sans la connaître, l'ascenseur muet, l'anniversaire rappelé par une alarme. Il suffirait d'un bonjour.
Un corps usé signe chaque jour avec la douleur un contrat sans repos. Les médecins parlent bas, les nerfs grincent, le cœur persévère et garde une braise.
Pièce-titre : on lui a tout pris (temps, nom, maison), il reste une rage maigre comme un clou, sans incendie ni discours, qui tient debout. On la voit dans les files d'attente.
Final : le lundi tout repart, rien n'a bougé sur la carte, mais une braise a pris racine. La voisine dit bonjour, l'herbe perce les pavés. Vivre, c'est tenir debout dans la faille.